En 2025, certains secteurs affichent un taux de recrutement supérieur à la moyenne nationale malgré le ralentissement économique. Selon la Dares, plus de 60 % des offres d’emploi non pourvues concernent les mêmes familles professionnelles depuis trois ans.
Les métiers qualifiés de “non-crise” enregistrent une hausse continue de la demande, alors que d’autres subissent des vagues de licenciements. Cette dynamique s’explique par des besoins structurels persistants et une évolution rapide des compétences requises.
Pourquoi certains métiers résistent-ils aux crises économiques ?
La notion de métier en tension occupe une place centrale dans l’analyse du marché du travail. D’après la DARES et France Travail, elle désigne une profession où l’écart se creuse entre les besoins de recrutement des entreprises et la disponibilité des candidats. En 2023, 61 % des recrutements sont jugés difficiles en France : un chiffre qui témoigne d’une pénurie de talents persistante dans plusieurs domaines.
Certains métiers traversent les soubresauts économiques sans plier. Pourquoi ? Parce qu’ils répondent à des besoins vitaux, rarement affectés par les cycles de croissance ou de crise. Les métiers du soin, du bâtiment, de l’informatique illustrent cette résilience. La crise sanitaire a d’ailleurs souligné la place centrale de ces professions, dont l’activité n’a pas ralenti, bien au contraire, pendant les périodes les plus délicates.
Plusieurs facteurs nourrissent ces tensions : le déficit de professionnels qualifiés, des conditions de travail parfois ardues, un rythme d’embauche soutenu, mais aussi un décalage géographique entre les bassins d’emploi et les viviers de candidats. Résultat : les entreprises peinent à recruter, rallongent les délais d’embauche, voient leur productivité s’émousser et leurs équipes sous pression.
Consulter régulièrement les rapports de la DARES, les enquêtes de France Travail ou de Pôle Emploi, c’est s’offrir une cartographie précise des secteurs en difficulté de recrutement. Ces données éclairent les choix de formation, guident les politiques d’orientation et rappellent à quel point la capacité à attirer et fidéliser les professionnels reste un pilier de la solidité économique.
Panorama 2025 : les secteurs qui recrutent malgré la conjoncture
Si l’on observe les tendances pour 2025, certains domaines résistent avec vigueur au contexte général. En première ligne, le BTP, l’informatique, la santé et les services à la personne concentrent la majeure partie des besoins en recrutement. La DARES et France Travail les placent au cœur des “métiers en tension”, là où la demande dépasse largement l’offre de candidats.
Dans la santé, la recherche d’aides-soignants, d’infirmiers ou d’aides à domicile ne faiblit pas. Le vieillissement de la population et l’évolution des besoins médicaux renforcent cette dynamique. Côté informatique, le nombre d’opportunités ne cesse de croître. Techniciens, experts en cybersécurité, ingénieurs en intelligence artificielle figurent parmi les profils les plus sollicités, portés par la transformation numérique et la transition énergétique.
Le secteur du BTP demeure une valeur sûre, même dans une conjoncture instable. Sur les chantiers, la pénurie d’électriciens, de couvreurs, de soudeurs ou de tuyauteurs ralentit parfois la progression des projets. Quant au commerce et à l’hôtellerie-restauration, la reprise post-Covid a redonné de la vigueur à la demande : serveurs, réceptionnistes, employés de libre-service et cuisiniers sont toujours activement recherchés.
Pour mieux cerner ces réalités, voici les principaux métiers concernés :
- Métiers de la santé : aides-soignants, infirmiers, aides à domicile
- Informatique et cybersécurité : techniciens, ingénieurs IA
- BTP et industrie : électriciens, soudeurs, tuyauteurs, couvreurs
- Commerce, hôtellerie-restauration : serveurs, réceptionnistes, cuisiniers
Les mutations écologiques et numériques, soulignées par l’OCDE et l’AIE, stimulent l’émergence de nouveaux métiers et diversifient les possibilités d’embauche. Les besoins évoluent, mais la tension sur ces secteurs demeure.
Quelles compétences et formations privilégier pour intégrer ces métiers en tension ?
S’orienter vers ces métiers nécessite de miser sur la qualification et la polyvalence. Les profils recherchés conjuguent maîtrise technique et qualités humaines. Dans la santé, décrocher le DEAS (diplôme d’État d’aide-soignant) ou suivre un cursus d’infirmier en IFSI ouvre la porte à l’emploi. Les métiers de l’aide à domicile privilégient les titres d’assistant de vie aux familles ou d’auxiliaire de vie sociale. L’informatique propose des parcours adaptés à tous les niveaux : BTS systèmes numériques, BTS SIO, titres professionnels spécialisés. Pour le bâtiment, les formations en alternance, telles que le CAP électricien ou le CAP couvreur, restent des références.
Les employeurs accordent une attention croissante aux compétences transversales : adaptabilité, gestion du stress, capacité à communiquer. Ces qualités facilitent l’intégration et la pérennité dans l’emploi. Les fameuses soft skills pèsent désormais autant que les savoir-faire techniques, que ce soit sur le terrain ou en entretien.
Voici quelques pistes concrètes pour construire son parcours :
- Accédez à la formation via l’alternance, le CPF ou des programmes accélérés (bootcamps).
- Renseignez-vous sur les dispositifs proposés par MaFormation, Ofap ou Hellowork, qui recensent les offres certifiantes.
- Pour chaque secteur, ciblez la formation recommandée : CAP, BTS, titres professionnels ou diplômes d’État selon le métier visé.
L’industrie (soudeur, tuyauteur, mécanicien automobile) mise aussi sur la certification par la pratique et la maîtrise d’outils récents. En général, les cursus vont du CAP au Bac pro, avec une forte valorisation de l’expérience sur le terrain. La formation professionnelle, qu’elle soit diplômante ou certifiante, ouvre la voie à des postes durables dans des secteurs qui recrutent sans relâche.
Se réorienter vers un métier porteur : conseils pour franchir le pas
Face à un marché du travail sous tension, changer de voie s’impose de plus en plus comme une solution concrète. La reconversion professionnelle s’articule aujourd’hui autour de trois leviers : bien cerner le marché, trouver la bonne formation et activer les dispositifs d’accompagnement. Les secteurs dits en tension, BTP, santé, informatique, services à la personne, industrie, offrent un terrain d’action immédiat pour celles et ceux qui veulent donner un nouvel élan à leur carrière.
Commencez par un bilan de compétences approfondi. Cette étape éclaire vos forces, vos envies, et les met en perspective avec les besoins réels du marché. Les plateformes spécialisées telles que MaFormation ou Ofap facilitent la recherche de formations certifiantes, tandis que les aides régionales et dispositifs publics, dynamisés par la loi Immigration, accélèrent l’accès aux métiers en manque de candidats.
Pour activer votre projet, plusieurs outils sont à portée de main :
- Le CPF finance de nombreux cursus adaptés à la reconversion.
- Les dispositifs d’alternance conjuguent expérience concrète et montée en compétences.
- Pensez à solliciter un conseiller France Travail pour affiner votre projet.
La transition écologique fait émerger des métiers inédits, notamment dans l’environnement et l’énergie, où la demande de compétences spécialisées bondit. Osez explorer ces univers, riches d’opportunités et porteurs de sens. Le marché se transforme, la capacité d’adaptation fait désormais partie des compétences recherchées. Aujourd’hui, bifurquer n’est plus une prise de risque isolée, mais une démarche structurée, soutenue par les politiques publiques et un écosystème de dispositifs adaptés. À ceux qui s’interrogent : la prochaine décennie n’attendra pas les indécis.


