Jeune femme intern travaillant à son bureau moderne

Obligations stagiaire : quelles sont-elles ?

23 janvier 2026

Un chiffre qui ne fait pas la une, mais qui en dit long : chaque année, des milliers de conventions de stage sont signées en France, et derrière chacune d’elles, une réalité bien encadrée par la loi. Le statut du stagiaire n’a rien d’un simple passage obligé sur le chemin de l’emploi. C’est un jeu d’équilibre où droits, devoirs et règlements s’entremêlent, parfois au prix de quelques désillusions.

En France, tout stage doit s’appuyer sur une convention de stage. Ce document, signé à trois, stagiaire, établissement d’enseignement et entreprise, pose les bases : durée, missions, gratification potentielle, organisation du suivi. Sans cette convention, impossible de commencer, la loi l’exige. Les articles L124-1 à L124-20 du code de l’éducation rappellent ce principe noir sur blanc.

Chaque année d’études limite la durée totale à six mois, pour éviter que le stage ne devienne un CDI déguisé. Le suivi pédagogique s’organise autour d’un enseignant référent côté école et d’un tuteur côté entreprise. Ce binôme veille à la cohérence entre ce que l’on apprend en cours et ce que l’on fait sur le terrain.

Voici ce que la convention de stage doit impérativement contenir :

  • Un descriptif précis du volume pédagogique attendu, pour garantir que les missions proposées correspondent à la formation suivie.
  • Un détail sur la gratification, calculée en référence au plafond horaire de la sécurité sociale, qui clarifie le statut du stagiaire et évite toute confusion avec un contrat de travail classique.

D’autres garde-fous s’ajoutent. Côté entreprise, respect du code du travail, conformité des locaux et des conditions de travail, accès au règlement intérieur. L’inspection du travail peut intervenir en cas d’abus. L’objectif : s’assurer que le stage reste une expérience d’apprentissage, pas de la main-d’œuvre bon marché.

Au fil de ces règles, la France a bâti une protection solide pour les stagiaires, sans pour autant décourager l’immersion professionnelle. Un équilibre parfois fragile, mais qui trace une ligne claire entre formation, encadrement et respect du jeune en entreprise.

Stagiaire en entreprise : droits, devoirs et responsabilités au quotidien

Du côté de l’entreprise, le stagiaire découvre un environnement hybride. Il n’est ni salarié, ni simple observateur. Il s’intègre à l’équipe, mais sur un mode particulier. Les horaires suivent ceux de l’entreprise, sauf si la convention prévoit des ajustements spécifiques. Le règlement intérieur s’applique, tout comme l’exigence de discrétion sur les informations sensibles. Les missions confiées doivent rester pédagogiques, loin des tâches dangereuses ou des postes dits « permanents ».

Les droits du stagiaire ne sont pas de la théorie : accès aux activités sociales et culturelles du CSE (quand il existe), repas à la cantine, titres-restaurant ou remboursement partiel des transports, selon les usages. La protection sociale est assurée en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, via la sécurité sociale étudiante ou le régime général. Ces dispositifs sécurisent le quotidien du stagiaire pendant toute la durée de l’expérience.

Qu’en est-il des absences et des congés ? La convention règle la question : certains congés sont prévus (examens, événements familiaux, absences justifiées), mais la présence reste la norme. Un équilibre à trouver, là encore, entre souplesse et implication.

Le stagiaire a aussi des obligations : suivre son dossier, renseigner les documents de suivi, faire le point régulièrement avec son tuteur. Ce dialogue constant structure la relation entre l’étudiant, l’entreprise et l’établissement d’enseignement. Droits, devoirs et responsabilités s’entrelacent, dessinant un cadre où chacun doit trouver sa place.

Quelles obligations pour l’employeur et le stagiaire ?

Côté entreprise, la règle est limpide : respecter scrupuleusement la convention de stage. Ce document, signé à trois, précise la durée, les missions, le temps de présence, la gratification (si le stage dure plus de deux mois) et l’organisation du tutorat. Chaque stagiaire doit figurer sur le registre unique du personnel, garantissant la transparence et la conformité à la législation.

Autre point à surveiller : le plafond de stagiaires. Pour les structures de plus de 20 salariés, impossible de dépasser 15% de l’effectif en stage. Dépasser cette limite peut coûter cher. L’employeur doit s’assurer que chaque stagiaire bénéficie d’un accompagnement réel, avec un tuteur identifié, et remettre une attestation de stage en fin de parcours. Si les règles sont ignorées, durée excessive, missions sans rapport avec la formation, absence de gratification, l’entreprise s’expose à un risque de requalification en contrat de travail ou à un signalement auprès de l’inspection du travail.

Pour le stagiaire, respecter le règlement intérieur et faire preuve d’assiduité va de soi. La confidentialité fait aussi partie du contrat moral et légal. La convention peut encadrer certaines absences, mais la présence régulière reste la règle. Si un manquement grave est constaté, l’entreprise peut mettre un terme au stage, après avoir prévenu l’établissement d’enseignement et le stagiaire lui-même.

Jeune homme affichant un document dans un couloir d office

Conseils pratiques pour un stage réussi et sans mauvaise surprise

Un stage bien mené commence par une lecture attentive de la convention de stage. Avant de signer, il vaut mieux vérifier chaque point : la description des missions, le volume horaire, le montant éventuel de la gratification, les règles concernant les congés et absences. Dès deux mois de présence effective, une gratification minimale s’applique, calculée selon le plafond horaire de la sécurité sociale. Ce montant doit être clairement indiqué, tout comme les éventuels avantages (repas, titres-restaurant, transport).

Pendant le stage, rester vigilant sur le suivi. Des échanges réguliers avec le tuteur en entreprise et l’enseignant référent sont essentiels : pour clarifier les horaires, la charge de travail ou l’accès aux activités collectives. La convention reste la référence, notamment en cas d’accident du travail : il est prudent d’en conserver un exemplaire accessible.

Voici quelques points concrets à garder en tête pour éviter toute mauvaise surprise :

  • La gratification de stage doit être versée chaque mois, sans retard.
  • Si votre gratification dépasse 1047,55 € par mois (soit 78 % du SMIC au 1er janvier 2024), vérifiez l’éligibilité à la prime d’activité.
  • N’oubliez pas de réclamer une attestation de stage à la fin de la mission : elle valorisera votre parcours pour la suite.

Un dialogue ouvert avec l’employeur permet de lever de nombreux doutes. En cas de question, n’hésitez pas à demander conseil à l’inspection du travail ou au service juridique de votre établissement d’enseignement. Un cadre respecté, c’est la garantie d’un stage qui tient ses promesses, pour l’entreprise comme pour le stagiaire.

Au terme du stage, il ne reste qu’une conviction : chaque détail compte, des signatures à la dernière attestation. Savoir où l’on met les pieds, c’est déjà avancer d’un pas sûr vers la suite du parcours professionnel.

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